Sauver la radiothérapie d’Argenteuil

Victoire sur l’hôpital, échec de la réforme bancaire

Un communiqué du Comité de défense de l’hôpital d’Argenteuil du 22 février nous a appris l’heureuse nouvelle : « la Commission Régionale de l’Offre de Soins a voté, à une écrasante majorité la nouvelle autorisation de fonctionnement de la radiothérapie. » La confirmation écrite officielle devrait arriver avant le 28 février. Des craintes restent cependant pour le prolongement de l’autorisation de fonctionnement, en mars prochain, du service de rythmologie.

Voilà donc une lutte, locale certes, où l’action déterminée du service de la Radiothérapie, du comité de défense de l’hôpital, des élus locaux et des responsables politiques et des populations — 12 000 signatures récoltées — ont contribué à l’emporter.

Dans le même temps, malheureusement, dans un combat qui est autrement plus décisif pour l’avenir de notre pays — le projet de loi pour la réforme bancaire — l’absence de courage de la part du gouvernement qui a présenté un projet de loi parfaitement banco-compatible, mais aussi, l’absence de toute détermination de la part de la « gauche de la gauche » à faire entendre sa voix sur cette question urgente, ont abouti au vote à l’Assemblée Nationale, en première lecture, d’une séparation minuscule entre activités spéculatives et activités utiles aux épargnants et à l’économie.

Pourtant à entendre les discours lors de la présidentielle et après, la séparation stricte entre banques d’affaires et banques de dépôt, était une mesure qui faisait « consensus », à la gauche de la gauche. Or, comme on peut le voir dans l’article et la vidéo que nous postons ci-dessous, bien que trois amendements aient été déposés qui allaient dans ce sens, il n’y aucune mobilisation pour les faire passer, ou même pour prendre date pour un combat futur sur le même thème !

Reste encore le débat au Sénat où l’opposition au gouvernement est plus vive. Nous appelons les Sénateurs a être à la hauteur de l’histoire. Deux grandes banques viennent de faire de facto faillite : la Monte di Paschi, troisième banque italienne que l’État a du renflouer en vitesse pour 3.9 milliards d’euros et la SNS Reaalbank, 4ème établissement financier néerlandais, exproprié in-extremis par l’État. Et chez nous, le Crédit agricole devrait afficher des pertes de l’ordre 6 milliards d’euros cette année!

Nous appelons aussi les Maires à se faire entendre auprès des Sénateurs. Il faut couper les banques en deux !

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2 cars au Ministère de la Santé pour le sauvetage de la Radiothérapie, mais la mobilisation continue !

 

MOBILISONS-NOUS POUR LA RADIOTHÉRAPIE ET POUR UNE VRAIE REFORME BANCAIRE

Je reviens vers vous après la manifestation du 12 décembre devant le Ministère de la santé pour exiger le maintien du service de radiothérapie et de rythmologie cardiaque de l’hôpital d’Argenteuil.

Nous avons été 80 personnes a manifester pour l’essentiel des militants, mais aussi des citoyens engagés et des personnes ayant été sauvées ou en cours de traitement à cet hôpital. La fermeture avait été décidé en juillet par le Tribunal administratif de Cergy, suite à une plainte du groupe Therap’X, appartenant au cinquième groupe médical privé français, Seny-Vedici, pour non conformité avec les normes de rentabilité financière de l’Agence régionale de santé (ARS) qui exige qu’un minimum de 600 patients par an, sur trois ans, soient traités par le service. Cette radiothérapie, rappelons-le, est la seule publique du Val d’Oise, et elle est censée couvrir les besoins d’un bassin estimé à 300 000 personnes dont beaucoup en situation économique difficile.

Le ministère, qui avait jusqu’alors boudé les demandes de rendez-vous du Comité de défense de l’hôpital a quand même reçu en délégation Christiane Leser, animatrice du Comité, ainsi que Nicolas Bougeard, Maire adjoint d’Argenteuil. Mme Leser a présenté une pétition signée par près de 11 000 personnes qui réclament le maintien de la radiothérapie, preuve de la détermination des citoyens à défendre ce service qui, avec 601 patients à ce jour, peut annoncer avoir dépassé le seuil fatidique de l’ARS !

La discussion avec le Ministère permet d’avoir quelques espoirs, mais tant que l’ARS n’aura pas rétablie son autorisation, la mobilisation continue. « La conseillère nous a dit qu’en ce qui concernait le jugement du tribunal sur la radiothérapie, ils s’engageaient à ce que le recours aboutisse et a ce que Therap X soit déboutée » a déclaré Christiane Leser en sortant. « Nous n’avons toujours pas d’information sur cette fameuse Fédération inter-hospitalière d’onco-hématologie qui serait créée entre les hôpitaux d’Argenteuil et d’Eaubonne-Montmorency. La conseillère nous a dit qu’elle prenait contact avec l’ARS pour que nous ayons la proposition d’une date pour une rencontre avec l’ARS avant les fêtes. En dehors de cela, pour l’instant nous n’avons aucune assurance ni sur la radiothérapie, ni sur la rythmologie cardiaque, ni sur le financement des tranches 2 et 3 des travaux. Tout cela, c’est des bonnes volontés ; la ministre engage des discussions sur des nouveaux financements, mais pour l’instant rien de concret… On a la promesse que l’ARS nous donnera une date de rencontre avant les fêtes On veillera à ce que ça soit fait, quitte a voire pour une nouvelle étape de mobilisation si cela n’aboutissait pas. En ce qui concerne la radiothérapie on peut penser que les choses peuvent évoluer, car même si on ne sait pas comment fonctionnera cette fédération, le fait qu’ils l’aient créée et qu’il n’y ait pas de radiothérapie à Eaubonne, les oblige à conserver celle d’Argenteuil… On est en attente, mais en attente vigilante… »

« La ligne a été donnée », a dit de son côté, Nicolas Bougeard, Maire adjoint d’Argenteuil, se voulant rassurant. « C’était important qu’on rencontre aujourd’hui cette conseillère, très très proche, pour qu’on puisse montrer clairement notre volonté de faire aboutir les dossiers. Ensuite, eux feront descendre le message à l’ARS, et la ligne politique sera donnée. Après, lors de la rencontre avec l’ARS, ça positionne les uns et les autres. Ils reçoivent une ligne de la Ministre qui nous permet d’être entendus. »

Très important dans cette période de crise aiguë où les chômeurs augmentent au rythme d’environs 45 000 par mois, l’action du Comité va au-delà du simple sauvetage de la radiothérapie d’Argenteuil. Elle s’insurge contre les politiques d’austérité du gouvernement actuel qui se traduiront nécessairement par la fermeture d’autres établissements de santé publique. Elle s’insurge aussi contre la privatisation rampante du secteur de la Santé, via la tarification à l’acte et les critères de rentabilité introduits par la loi Hôpital 2007 de Roselyne Bachelot, et les lois précédantes.

Solidarité & Progrès apporte son soutien à cette lutte pour rétablir le service public de la Santé, mais appelle toutes les personnes qui y participent, a se mobiliser pour peser sur la réforme bancaire du gouvernement. Cette réforme déjà très « light » au départ, car François Hollande n’avait annoncé dans son discours du Bourget que la séparation des activités bancaires, sous un même toit et forcement incestueuse, a été encore diluée sous la pression du lobby bancaire.

Présentée en conseil des ministres le 19 décembre prochain, la loi sera débattue au Parlement aux mois de janvier et de février prochain. Solidarité & Progrès appelle à se battre pour la séparation stricte des banques d’affaires spéculatives et des banques de dépôts utiles à l’économie et à l’épargne. Aujourd’hui l’Europe consacre pas moins de 750 milliards d’euros (MES), au sauvetage des banques en faillite, et 130 milliards à la croissance ! Le sauvetage des banques en faillite, est la cause principale des politiques d’austérité féroce imposées aux populations européennes. La séparation des banques permettra de réduire la taille des banques, de cesser de renflouer celles qui sont trop grosses pour faire faillite, d’éliminer les titres toxiques qui plombent les bilans des banques.

Cette vraie réforme doit créer les conditions pour rétablir ensuite le contrôle public sur l’émission monétaire, et le crédit productif public de la période 1946 – 1973 qui seul permettra de recréer le plein emploi, par le lancement de grands projets d’infrastructures.

Pour contacter le Comité de défense de l’hôpital : http://cddha.wordpress.com/

 

 

 

 

 

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Sauvons la radiothérapie d’Argenteuil, mettons fin à la finance folle ! Entretien avec Christiane Leser

 

 

Christine Bierre, Rédactrice en chef de Nouvelle Solidarité et porte-parole de Solidarité & Progrès à Argenteuil, s’est entretenu avec Christiane Leser, animatrice du Comité de Défense de l’Hôpital d’Argenteuil.

CB : Christiane Leser, vous animez le Comité de Défense de la radiothérapie de l’hôpital d’Argenteuil. Au mois de juillet dernier, le tribunal administratif de Cergy a décidé d fermer la radiothérapie le 23 février 2013. Qu’est-ce que le tribunal reproche à la Radiothérapie ?}

CL : Il ne lui reproche rien. Simplement il se base sur une plainte d’un établissement privé qui exerce à Sarcelles, à Neuilly aussi. Le problème est que c’est un établissement privé dont l’objectif essentiel n’est pas de soigner les gens, mais de gagner de l’argent, et que pour cela on va fermer le seul service public du département du Val d’Oise, et obliger les patients à se déplacer, puisque les deux autres établissements sont non seulement privées mais ils sont éloignés. Or, les patients qui reçoivent de traitements de radiothérapie sont généralement des malades de cancer, avec des thérapies lourdes, à la fois médicalement mais aussi moralement. Donc si on ajoute à cela des déplacements supplémentaires c’est clair que cela n’arrange rien à leur chance de guérison.

CB : C’est scandaleux. TherapX Paris Nord, la clinique privée qui a déposé plainte, fait partie du groupe Vedici, le 5ème groupe de cliniques privées au niveau national, qui revendique un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros par an et dont les deux propriétaires seraient immensément riches. C’est scandaleux par rapport à un bassin à soigner de quelques 300 000 personnes qui est très populaire…

CL : Non seulement c’est un bassin avec une population dont une grande partie connaît des difficultés importantes ; c’est aussi une région du département où la mortalité par cancer est plus importante que dans le reste de l’Ile de France et même dans le département.

CB : Pour quelles raisons ?

CL : Les raisons précises je ne sais pas. Mais, c’est probablement lié au fait que c’est une population pour une bonne part précaire, en difficultés, et qui rencontre des difficultés pour vivre et pour se soigner…

CB : Est-ce qu’on connaît la différence de coûts pour les patients de cancer qui se soignent dans le public et ceux qui se soignent dans le privé ?

CL : Je ne suis pas en mesure de vous le dire. A ma connaissance, dans les établissements privés ou publics du département, les coûts sont les mêmes. Ils sont couverts par la Sécurité sociale. Ce qui est différent, et une difficulté plus grande pour les patients, est le fait des déplacements supplémentaires. Par contre pour la Sécurité Sociale, ce n’est pas la même chose.

CB : C’est important de noter cependant dans cette affaire de la Radiothérapie d’Argenteuil que la décision du Tribunal de Cergy se base tout de même sur des critères plus qu’arbitraires adoptés par l’ARS, l’agence régionale de santé. Pour ce qui est de la Radiothérapie, l’ARS exige qu’il y ait 600 patients par an sur trois ans et elle menace la radiothérapie de fermeture car elle n’aurait que 575 patients sur la période incriminée. Pouvez rappeler pour nos lecteurs quelle est la raison d’être de ces ARS ?

CL : L’Agence régionale de santé est ce qui gouverne la santé dans chaque région. Elle a été créée par la loi Bachelot, la loi HPST adoptée en 2010; et l’objectif de cette loi est clair : il faut rentabiliser le système de soins quelque soit le prix. Et on vu récemment ce qu’était le prix, lorsqu’une maman a dû accoucher au bord de la route et qu’elle a perdu son bébé.

On applique la même démarche de rentabilité sur les maternités que sur la radiothérapie. Et, on essaie de faire passer cela pour de la sécurité. On ferme une maternité parce n’ayant pas suffisamment d’accouchements, elle n’aurait pas assez d’expériences et ce serait dangereux. Nettement moins dangereux cependant que d’accoucher sur le bord de la route ! Avec ces pratiques la France est en net recul au niveau de la mortalité des enfants de moins d’un an. On était au 7ème rang mondial il y a une dizaine d’années, et on est passé au 20ème rang.

Et les justifications sont complètement farfelues. L’histoire des quotas. Il faut avoir 600 patients par an pour être efficaces… Or, on a vu lors du procès d’Epinal où se déroule le procès des irradiés, que le nombre de visites bien au-delà des 600 patients n’a pas empêché ces dérives d’avoir lieu.

Il faut savoir que les directeurs de l’ARS sont nommés directement par le gouvernement et qu’il a la possibilité de nommer lui-même les chefs d’établissements. Autrefois les directeurs d’hôpitaux étaient nommés après une formation à l’école de Rennes, alors que maintenant ça peut être n’importe quel directeur d’entreprise, le chef d’une usine automobile peut parfaitement devenir directeur d’hôpital si le directeur de l’ARS le nomme, parce que selon la loi Bachelot, l’hôpital c’est une entreprise comme n’importe quelle autre. Il est là pour faire de l’argent.

Le critère de fonctionnement est devenu la rentabilité purement et simplement. C’est extraordinaire. On a publié dans la presse il y a un mois, un classement des hôpitaux et c’était drôle, parce ce qui était donné à coté du classement, même si je pense qu’ils ont aussi utilisé d’autres critères, c’était le nombre moyen de jours d’hospitalisation et plus ils étaient faibles, plus ils étaient bien classés !

CB : C’est comme ces entreprises qui licencient et qui montent en bourse… Cette fuite dans la recherche de la rentabilité, ne démarre-t-elle pas avec la loi Hôpital 2007 qui a introduit la T2A, la tarification à l’Acte ?

CL : Ca a démarré bien avant. C’est aussi effarant. On en arrive au fait que de grands médecins, des chefs de cliniques des hôpitaux parisiens, ont été amenés à dénoncer eux-mêmes le fait qu’ils font par exemple deux opérations différentes sur un patient alors que cela pourrait être fait en une seule, pour pouvoir financer l’hôpital. C’est aberrant, deux hospitalisations avec deux anesthésies, alors qu’on sait qu’une anesthésie n’est jamais à risque zéro.

Et en payant à l’acte on met les hôpitaux en grande difficulté, parce que n’importe quelle opération, par exemple l’appendicite, elle a tel tarif. Que cela se passe bien ou mal, que le patient passe 3 jours à l’hôpital ou qu’il passe 15, c’est le même tarif et on pousse l’hôpital à la virer le plus vite possible, quitte à ce qu’il y ait des complications après.

CB : Revenons maintenant à la situation de l’hôpital d’Argenteuil. Le seuil de « rentabilité », n’est pas très loin. Il suffit de quelques patients de plus pour l’atteindre. Et les élus locaux sont aussi totalement mobilisés avec vous. Avez-vous bon espoir que l’ARS et le Tribunal reviennent sur leur décision ?

CL : Je pense qu’il y a un espoir raisonnable. C’est quand même le seul service public du département. Les machines viennent d’être remplacées par des machines de pointe qui ont quand même couté 4 millions d’euros. La reconstruction de l’hôpital prévoit deux bunkers pour y mettre les machines, mais en plus, ces nouveaux bunkers ont été prévus pour permettre l’irradiation corporel total, ce qui est un traitement extrêmement rare. Je crois qu’il y a un seul établissement dans la région parisienne ou ce traitement est pratiqué.

CB : Du fait de la situation particulière d’Argenteuil, on pourrait peut-être sauver cette radiothérapie, alors qu’au niveau national, du fait de la politique d’austérité adoptée par le gouvernement de François Hollande, on pourrait assister à la fermeture de beaucoup d’autres établissements.

Dans ce contexte, j’ai noté avec beaucoup d’intérêt que le communiqué du Comité de Défense de l’hôpital qui a lancé la campagne de sauvetage de l’hôpital le 11 septembre dernier, établi en présence de presque tous les élus locaux, ne se prononce pas que pour le sauvetage de la radiothérapie, mais appelle à entreprendre le changement profond pout lequel la gauche a plaidé lors de la campagne présidentielle.

Il engage donc le député maire d’Argenteuil, Philippe Doucet, Dominique Lesparre, Maire de Bezons, Marie José Cayzac, maire adjointe et contact de référence pour le Comité de défense de l’hôpital à Argenteuil, et tous les autres.

Que disait ce communiqué ? Que si les élus se félicitent des premières mesures positives du gouvernement, ils constatent que « tout n’est pas réglé pour autant et que si la politique de santé n’est pas fondamentalement changé et soustraite à une logique économique, les avancées obtenues resteront précaires. La loi Bachelot n’est toujours pas abrogée, et (…) Mme Touraine, ministre de la Santé, ne parle que d’en modifier certaines parties ; de même elle parle de compléter la T2A et non de la supprimer. ( ;..) Le gouvernement négocie un encadrement de dépassement d’honoraires alors qu’il faut les interdire. Madame Touraine proclame sa volonté de refaire de l’hôpital public l’épine dorsale de notre système de santé mais le gouvernement prévoit en 2013 de n’augmenter les dépenses de santé que 0.2% alors que le minium incompressible est de 0.3% ».

Je vois cependant que depuis M. Doucet, a présenté un autre communiqué, l’autre jour lors du Conseil Municipal, qui n’allait plus du tout aussi loin que ce texte, mais se contentait d’annoncer la mobilisation pour la Radiothérapie. Alors, est-ce une reculade ?

CL : Il faut lui demander à M. Doucet. Nous en tant que Comité de défense de l’hôpital, on a engagé la bataille politiquement et on a déjà recueilli, alors qu’on est seulement en Octobre et qu’on a démarré cette mobilisation en Septembre, près de 8500 signatures. Ce qui montre que la population est sensibilisée, et scandalisée de ce qui se passe.

CB : Cela nous amène à une question qui est beaucoup plus politique. On est en plein effondrement économique. On vient d’annoncer une augmentation de chômeurs en France de 46900 pour le mois de Septembre, le double de l’augmentation au mois d’aout. Et, selon les économistes les plus sérieux, vers le printemps prochain on aura plusieurs centaines de milliers de chômeurs de plus suite aux plans sociaux et à l’évolution de la crise financière.

Solidarité et Progrès que je représente se bat dans ce contexte contre le renflouement des banques en faillite — on vient d’accorder au moins 750 milliards d’euros aux banques européenne par le Mécanisme européen de stabilité et le Pacte budgétaire que le gouvernement vient de faire ratifier. Et en même temps, on impose une austérité brutale aux populations pour financer tout cela.

Nous disons qu’il faut arrêter les renflouements, faire une faillite contrôlée des titres toxiques et imposer, comme à la Libération, la séparation totale entre banques d’affaires qui spéculent et les banques de dépôts, utiles à l’économie et à l’épargne.

Alors comment est-ce que vous, non pas en tant que responsable du Comité de Défense, mais en tant que citoyenne engagée, voyez ces questions ?} }}

CL : C’est sur que y compris pour les hôpitaux et la Sécurité Sociale, il faut un autre système de financement. Autrefois, les hôpitaux, lorsqu’ils devaient investir, empruntaient de l’argent public à la Caisse de dépôt sur une très longue durée, et avec un taux d’intérêt qui était autour de 1%. Aujourd’hui ils n’ont plus le droit, ils sont obligés d’emprunter sur le marché privé, avec des intérêts beaucoup plus élevées et y compris le risque des emprunts toxiques comme ceux de Dexia.

Or le remboursement de ces emprunts plus élevés, qui le paye ? La Sécurité Sociale puisque c’est elle qui rembourse les coûts.

CB : On a obligé les Etats, et les collectivités à emprunter beaucoup plus cher en devant aller aux banques privées.

CL : La santé n’est pas un coût, mais un investissement pour l’avenir, et s’il y a des économies à faire pourquoi pas ? Si on baissait le chômage on aurait sans doute beaucoup moins de gens malades. Puis, il faut rétablir la prévention. On n’a presque plus de médecine scolaire, ou de médecine du travail.

Puis, sur les banques, mais là je parle à titre personnel, et non en tant que Comité de Défense de la radiothérapie, Je suis pour toutes les nationaliser !

Pour aller plus loin, [consulter le programme présidentiel de Jacques Cheminade pour la Santé publique ->http://www.cheminade2012.fr/Non-a-la-privatisation-de-la-sante-publique-etre-malade-ne-doit-pas_00462]

Extraits vidéo

Extraits vidéo


radiothérap 1 par cbierre


radiothérap 2 par cbierre


radiothérap 4 par cbierre


radiothérap 5 par cbierre

Top départ de la campagne pour sauver la radiothérapie d’Argenteuil

Le 22 septembre 2012

Le Comité de défense de la radiothérapie de l’hôpital Victor Dupouy d’Argenteuil, vient de se réunir pour organiser et lancer l’offensive permettant de sauver la radiothérapie, menacée par une décision du Tribunal de Cergy. L’offensive démarre demain à la Foire de Bezons.

Solidarité & Progrès à Argenteuil, s’associe pleinement à cette campagne. Rejoignez-là!

Ci-dessous, le communiqué publié par le Comité de Défense ainsi que mon communiqué de presse du 9 juillet 2012.

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MOBILISATION URGENTE ET MASSIVE POUR LA RADIOTHÉRAPIE

18 Septembre 2012

Le Comité de Défense s’est réuni le 11 septembre avec une participation importante, en présence de Mrs Doucet, Député-Maire d’Argenteuil, Lesparre Maire -Conseiller Général de Bezons, de Mme Cayzac, Conseillère Régionale ainsi que d’élus d’Argenteuil, de Bezons et de Cormeilles.

Tous les participants ont exprimé leur colère face à la décision indécente et inacceptable du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de fermer la radiothérapie d’Argenteuil pour satisfaire les appétits de profit de vautours de la santé.

Ils ont exprimé leur solidarité aux patients et aux personnels de ce service qui, pour la 2ème fois, doivent affronter une situation difficile et angoissante.

Ils ont affirmé leur volonté de combattre cette décision jusqu’au bout pour garder ce service indispensable à la population et financé par nos impôts : 4 millions d’euros pour l’achat de machines performantes plus le coût des 2 bunkers nécessaires à leur accueil. Dans le nouveau bâtiment.

S’ils se sont félicités de déclarations et de premières mesures positives du Gouvernement (rejet du projet de TVA sociale, fin de la convergence tarifaire public-privé…), ils constatent que tout n’est pas réglé pour autant et que si la politique de santé n’est pas fondamentalement changée et soustraite à une logique économique, les avancées obtenues resteront précaires.

La loi Bachelot n’est toujours pas abrogée et dans son intervention du 7 septembre, Mme Touraine, Ministre de la Santé, ne parle que d’en modifier certaines parties. De même elle parle de compléter la T2A et non de la supprimer. Les fusions et restructurations continuent, malgré un rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) déclarant :”en raison des difficultés qu’elle soulève et des risques qu’elle présente, la fusion doit demeurer une opération rare.” Le Gouvernement négocie un “encadrement ” des dépassements d’honoraires alors qu’il faut les interdire. Mme TOURAINE proclame sa volonté de refaire de l’hôpital public l’épine dorsale de notre système de santé et de sécuriser son financement, mais le gouvernement prévoit en 2013 de n’augmenter les dépenses de santé que de 0,2 % alors que le minimum incompressible est de 0,3 %. Elle parle également de confiance et de dialogue social mais à aucun moment ne remet en cause le pouvoir dictatorial des ARS ni n’envisage le rétablissement de véritables Conseils d’Administration ayant pouvoir de décision.

De plus, il faut savoir que si le nouveau traité européen était adopté, la situation serait considérablement aggravée puisque ce serait désormais la Commission de Bruxelles, organisme technocratique non élu, qui contrôlerait non seulement le budget de la France mais aussi celui de la Sécurité Sociale.

C’est dans cette situation que le collectif “Notre Santé En Danger” qui rassemble plus d’une centaine d’organisations associatives, politiques ou syndicales, nationales, régionales ou locales appelle à une semaine d’action nationale du 1 au 6 octobre clôturée par une grande manifestation le 6 octobre à Paris sur le thème “Pour notre santé, le changement c’est urgent.”

Nous allierons donc cette bataille nationale à notre bataille locale pour l’hôpital d’Argenteuil.

Dans l’immédiat de premières pistes d’action ont été avancées :

- informer et mobiliser la population sur tout notre territoire (Argenteuil – Bezons – Montigny-Cormeilles – Herblay – La Frette – Sannois). Pour cela distribuer un matériel d’information et faire signer une pétition qui associe les revendications nationales et notre volonté de sauver la radiothérapie et de financer les 2 autres tranches de reconstruction de l’hôpital. Cette action sera lancée à l’occasion de la Foire de Bezons, le 23 septembre, qui permet de rencontrer des milliers d’habitants de ce territoire. Elle se poursuivra ensuite dans les autres villes sur les lieux publics, marchés… ou à l’occasion de manifestations locales rassemblant du public.

- mobiliser les élus de toutes les villes concernées en proposant le vote de motions, une conférence de presse commune, un affichage dans les villes…

- organiser des initiatives diverses avec l’objectif de faire converger l’ensemble de ces initiatives par un rassemblement au Ministère de la Santé courant novembre.

Bien entendu la réussite de cette bataille nécessite la participation de tous. Il ne suffit pas de témoigner son indignation, encore faut-il la traduire en actes et ne pas compter seulement sur l’action des autres.

Le 23 septembre, pour contacter le maximum de gens sur la Foire de Bezons, nous aurons besoin d’être le plus nombreux possible entre 10h et 18h. Chacun peut consacrer un peu de temps, ne serait-ce qu’une heure ou deux, pour défendre le droit à la santé pour tous, y compris pour lui-même et pour les siens. Afin d’organiser au mieux le déroulement de la journée, il serait souhaitable de nous prévenir du moment ou vous pouvez être présent. Rendez-vous au stand du Comité de Défense, rue Edouard Vaillant, près de l’espace municipal.

UNIS ET NOMBREUX NOUS POUVONS GAGNER A NOUVEAU LA BATAILLE DE LA RADIOTHÉRAPIE. NOUS COMPTONS SUR CHACUN DE VOUS.

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RÉTABLISSONS UN VRAI SERVICE PUBLIC DE LA SANTE

Interview de Christine Bierre dans le journal de Radio IDFM d’Enghien le 9 juillet, à 12H30

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Arrêter la fermeture de la radiothérapie à Argenteuil. La santé n’est pas un luxe !

Par Christine Bierre, porte-parole de Solidarité & Progrès à Argenteuil

Le 9 juillet 2012. Je joins ma voix à celle des élus et des responsables politiques argenteuillais qui ont protesté vivement contre la décision du tribunal administratif de Cergy d’ordonner, une fois de plus, la fermeture du service de radiothérapie de l’hôpital d’Argenteuil – le seul public dans le Val d’Oise – sous prétexte que les consultations sur trois ans n’auraient pas atteint le seuil critique de 600 pour pouvoir se maintenir, mais seulement 575 ! Solidarité & Progrès s’engagera au côté de ceux qui combattent cette fermeture.

Je note aussi la déclaration de M. Philippe Doucet, député-maire d’Argenteuil, annonçant sa volonté de poursuivre le combat mené depuis 3 ans contre cette fermeture, et j’approuve son appel à un combat au-delà des clivages partisans sur cette question. Je note également que l’ancien député, M. Mothron déclare « qu’il se battra jusqu’au bout ».

Je tiens cependant à souligner que ces fermetures sont la conséquence d’une politique d’austérité imposée depuis des années au secteur de la santé, politique qui continuera puisque M. François Hollande vient d’annoncer le gel absolu des dépenses publiques sur 3 ans, et la réduction de 2 fonctionnaire sur 3 dans tous sauf trois secteurs, dont la santé ne fait pas partie. Il vient d’annoncer aussi la ratification prochaine du Pacte budgétaire (TSCG), qui soumet la France à une austérité brutale conduite depuis Bruxelles, sous prétexte d’équilibre budgétaire.

Pourtant, je n’ai pas encore vu de protestations de M. Doucet contre cette politique nationale qui se traduira par beaucoup d’autres coupes, ni même de M. Mothron, contre ces politiques qui sont dans la parfaite continuité de celles de M. Sarkozy et que l’UMP continue à défendre.

Solidarité & Progrès l’a dit tout au long de la campagne des législatives : on ne peut pas à la fois renflouer les établissements bancaires en faillite comme nos gouvernements continuent à le faire et maintenir nos dépenses économiques et sociales. C’est la raison pour laquelle nous exigeons immédiatement l’arrêt des renflouements, la séparation totale entre banques de dépôts et banques d’affaires qui spéculent, prélude à une faillite ordonnée de celles qui ont joué au casino financier et perdu, et une relance de l’économie productive par des émissions de crédit productif public.

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Appel à un Glass-Steagall global

19 juin 2012

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  1. Dans tous les Etats de la zone transatlantique, des lois doivent être votées afin d’instaurer un système de séparation des banques, à l’image de la loi Glass-Steagall de Franklin Roosevelt, adoptée le 16 juin 1933 et dont les principes existaient aussi dans les Etats européens jusqu’au début des années 1980, sous forme de régulations strictes, en vertu desquelles le secteur bancaire avait un caractère industriel dominant rendant pratiquement impossible d’accéder à l’épargne privée pour mener des opérations spéculatives à risque.Comme ce fut le cas aux Etats-Unis avant l’abrogation de la loi Glass-Steagall par la loi Gramm-Leach-Bliley, en 1999, il faut totalement séparer les banques commerciales (aux fonctions de dépôt et de crédit), des banques d’investissement et du secteur de l’assurance.
  2. Les banques commerciales doivent être protégées par l’Etat tandis que les banques d’investissement doivent se charger elles-mêmes de mettre de l’ordre dans leurs bilans sans que les contribuables soient mis à contribution, ce qui veut dire, en pratique, que des milliers de milliards de créances et de titres toxiques devront être annulés, même si cela provoque l’insolvabilité des banques.
  3. Dans la logique du nouveau principe de crédit, un système de banque nationale, inspiré par le précédent d’Alexandre Hamilton*, doit organiser l’émission de crédits à long terme et à faible taux d’intérêt en faveur d’investissements destinés à augmenter la productivité de l’économie, en privilégiant un accroissement du flux de densité d’énergie** et le progrès scientifique et technique.
  4. Pour reconstruire l’économie réelle, des accords de coopération à long terme entre Etats souverains doivent être conclus, ayant pour objectif la réalisation de projets d’infrastructure et de développement définis dans le cadre d’un programme méditerranéen pour un nouveau miracle économique, conçu comme l’extension nécessaire d’un pont terrestre mondial***. Ces accords se traduiront de fait par un nouveau système de crédit et un nouveau Bretton Woods, dans la tradition de Franklin Roosevelt.

Introduire une loi sur la séparation des banques et instaurer un système de crédit ne vise en aucun cas à une simple amélioration technique du système bancaire, mais plutôt à organiser la manière dont l’économie pourra assurer l’existence de l’humanité sur plusieurs générations à venir, afin que la richesse créée et constamment accrue puisse être transmise à ces générations. L’homme doit redevenir ainsi le centre et le but de l’économie.

Nous, soussignés, appelons de toute urgence les gouvernements et les parlements à remplir leur devoir constitutionnel et à adopter immédiatement le système de séparation des banques, afin de protéger le bien-être des peuples dont ils sont les représentants.

*Économiste de la révolution américaine, opposé au libre-échange britannique, proche collaborateur de Benjamin Franklin.

** Plus de production par opérateur, machine et surface de travail.

*** Projet mondial de corridors de développement, incluant chemins de fer rapides et un processus d’industrialisation tout le long.

Cet appel peut être signé sur le site de Solidarité & Progrès : www.solidariteetprogres.org